Pourquoi les Américains ne comprennent pas quand je leur parle anglais ?

Commentaires (7) Culture américaine

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parler aux AméricainsBarrière de la langue… Mais pas seulement ! Non, il ne faut pas la sous-estimer. Pour ceci, il existe plusieurs solutions pour apprendre l’anglais.

Oui, mais… Si seulement, c’était aussi simple que ça !

Il se trouve que j’avais un niveau d’anglais convenable lors de mon arrivée aux Etats-Unis. Convenable, mais pour qui ?

À Toulouse, oui, il était convenable. Mais s’il l’était à mon arrivée sur New York… C’est une tout autre histoire ! Justement, je vais vous en raconter 3 petites, rigolotes maintenant… Mais désespérantes sur le moment.

Ma première virée dans un bar nocturne, et déjà une embrouille avec le vigile !

Ma première sortie après 9h du soir à New York, c’était avec une amie que j’avais rencontré 2 jours auparavant. Nous avons commencé la soirée dans un café, puis nous nous sommes rendues dans un bar, où se déroulaient des concerts en live. Le vigile, de corpulence imposante, faisait barrière à l’entrée.

Ma première réaction a été de m’approcher de l’entrée avec un large sourire, suivie d’un « Hi! » amical, en pensant qu’il allait tout simplement ouvrir la porte pour qu’on puisse entrer. Nous étions 2 Nanas bien habillées, donc pas de raison ! Mais les choses ne se sont pas passées ainsi. Il m’a baragouiné quelque chose à cent mille à l’heure, en me toisant du regard, comme si j’étais en fraude.

Ça y est, qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Je lui ai demandé de répéter, et j’ai compris : ID. Ce qui veut dire en français : pouvez-vous me montrer votre pièce d’identité svp?

Ma pièce d’identité ? Pourquoi il veut ma pièce d’identité celui-là ? Ce n’est donc pas gratuit ? Mais bon sang, qu’est-ce qu’il me veut ?

majorité aux USAJ’avais effectivement bien compris qu’il me demandait ma carte d’identité, mais ça me semblait tellement invraisemblable, que j’ai cru mal comprendre. C’est fou comme le cerveau peut se mettre des barrières, par habitude des choses !

C’est une fois que j’ai compris le pourquoi, que j’ai compris tout court ! Aux USA, très souvent aux entrées de bar, la carte d’identité est demandée. Ils contrôlent si la personne a plus de 21 ans, dans le but d’interdire toute consommation d’alcool aux mineurs.

Surprenant, non ?

Ces petites choses de la vie ont eu de quoi me faire douter sur mon niveau d’anglais ! Mais c’est tout simplement le temps d’adaptation…

Lourde réflexion sur le fonctionnement d’un radiateur !

Ils sont fous ces Américains… Eh en plus de ça, je me fais passer pour une Martienne ! Ça me fait toujours penser à mon statut d’Alien aux USA.

Ma première recherche d’appartement en location n’a pas été de tout repos. Mais un des must a été le coup du chauffage pendant la visite de l’appartement, que nous avons pris d’ailleurs.

Comme j’étais livrée à moi-même, Maxime étant encore en France, j’avais débriefé avec lui au téléphone juste avant, et noté méticuleusement tous les points à demander, telle une bonne élève. Maxime avait particulièrement insisté sur le chauffage.

Sauf que Maxime… Il est français ! J’ai joué au ping-pong avec le broker (l’agent immobilier) sur cette question pendant 1/4 d’heure :

Moi : « Comment est chauffé l’appartement ? »

Broker dans ses pensées : « C’est quoi cette question débile ? »

radiateurs dans une pièceBroker : « Par les radiateurs. »

Moi dans mes pensées : « Prends-moi pour une dinde ! » Et je réitère ma phrase dans une tournure différente :

Moi : « Et à quoi tourne ce radiateur ? » En pointant du doigt, la victime de cette discussion sans fin.

Broker qui n’a toujours pas compris : « Ah, mais les charges sont comprises dans le loyer. »

Ça, j’avais bien compris, il me l’avait peut-être déjà dit 4 fois. Mais comment fonctionne ce p***** de chauffage ??

Moi : « Mais est-ce que c’est chauffé au gaz, à l’électricité, au charbon, au bois, au mazout ? »

Broker : « Je ne comprends pas la question. Si je vous dis que les charges sont incluses dans le loyer, je ne vois pas où est le problème… Pourquoi vous voulez savoir ça ? »

Moi dans mes pensées : « Bon, on ne va pas y arriver ! Je ne vais donc pas savoir comment nous serons chauffé ? C’est fou ça ! GGRRRRR, mais pourquoi Maxime veut savoir ça au fait ? »

Serait-ce une barrière culturelle ? Au point encore une fois de m’avoir fait douter de mes compétences en anglais… Pourquoi il ne me comprend pas ? Je parle si mal que ça ?

Au final, le broker m’a avoué qu’il ne savait pas, et que jamais dans sa carrière, on ne lui avait posé une telle question ! Et je suis sûre qu’il n’a toujours pas compris pourquoi je lui ai posé cette question, parce qu’il m’a mis un sacré doute : pourquoi je posais cette question au fait ?

Payer des charges, mais sans connaître le montant, le secret toujours pas percé !

Dernière petite histoire, encore en relation avec l’agent immobilier. Cette fois, c’est pour les fameuses charges comprises dans le loyer.

fenêtre vers l'extérieurMoi : « Quel est le montant des charges incluses dans le loyer ? »

Broker : « Les charges sont incluses, donc pas de souci. »

Moi : « Je comprends bien qu’elles sont incluses, là n’est pas la question, mais pouvez-vous m’en donner le détail ? »

Broker : « Mais comprenez que vous ne les paierez pas en plus, elles sont incluses ! Vous voulez savoir quoi en fait ? »

Moi, démoralisée : « J’aimerais connaitre le détail des charges qui sont incluses dans le loyer, pour que l’on puisse faire attention à notre consommation. Comment ça va se passer sinon, pour la régularisation ? »

Là, je l’avais perdu… Pourtant, je lui parlais anglais, pas chinois ! 

Broker : « Je ne comprends pas ce que vous demandez. Les charges sont incluses, donc vous n’avez pas à vous en soucier. Je ne vois pas ce que vous voulez savoir d’autre… »

Encore une conversation de sourd. C’est comme buter contre un mur en béton solide. J’ai fini par lâcher l’affaire, dans la plus grande joie du broker. Mais nous ne savons toujours pas combien nous consommons, par un type de chauffage inconnu… C’est précis !

Les charges sont incluses, il n’y avait donc rien à ajouter ! Mais en France, on a le détail, non ? Pas ici… Donc on consomme à l’aveugle, on ouvre les fenêtres l’hiver à -15 °C dehors, car il nous est impossible de réguler le chauffage. Mais ce n’est pas important apparemment, les ressources en énergie ne manquent pas… On est en Amérique, après tout !

Moral de l’histoire

considérée comme une AlienLa barrière de la langue, certes, est une chose, mais la barrière culturelle en est une autre ! Même si vous comprenez l’anglais, vous ne comprendrez pas le « pourquoi » de certaines choses. Tout simplement parce que nous n’avons pas l’habitude du contexte américain… Voilà d’où vient l’expression « choc culturel » !

Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas insurmontable ! Mais il faut tout de même une période d’adaptation à l’arrivée. Pour ma part, c’est celle que je préfère !

Eh vous, aimez-vous vous heurter contre des situations de ce genre ? Moi, je vous dis, c’est une très bonne école pour modeler son adaptation et sa flexibilité !

7 reponses pour Pourquoi les Américains ne comprennent pas quand je leur parle anglais ?

  1. Nicolas dit :

    Pour les charges incluses, en France il y a des résidences qui propose ce genre de chose. En fait tout est inclus, que tes radiateurs soient allumés 24/24 ou 2min par jour le montant restera le même.
    Dans une résidence étudiants, l’eau était également comprise, ainsi que les poubelles, les taxes…
    Cela ne m’étonnerait pas que les Américains proposent la plupart du temps cette solution pour facilité la vie aux locataires! (bien en avance sur la France pour se faciliter la vie, exemple des voitures automatiques pour n’en citer qu’un)

  2. deans dit :

    pour les charges, c’est vrai que ca peut surprendre plus d’un français, car en général la consommation d’électricité ou d’eau est commune à tout l’immeuble et c’est le total consommé qui est divisé par le nombre d’appartements. ce qui fait que vous pouvez bien couper le radiateur en hiver, vous n’économiserez strictement rien car vous payerez une partie de ce que l’immeuble consomme. c’est limite collectiviste comme principe, et à titre personnel, je préfère ce système car il n’y a pas de mauvaise surprise à la fin du mois, comme par exemple des factures EDF monstrueuses car on a voulu allumer les radiateurs en hiver.

    et c’est pas spécialement un truc de locataires. j’habite un immeuble de propriétaires (ma moitié est propriétaire de son appart, dans un immeuble en « co-op ») et les charges fonctionnent sur ce principe : tout est collectif, même l’eau chaude, l’électricité ou le gaz. on pense souvent que les US sont la patrie du capitalisme et de l’individualisme, mais pour les charges, c’est l’exact inverse 🙂

    • Sarah dit :

      Merci Deans pour ton retour, c’est intéressant.

      D’ailleurs pour les radiateurs, il n’y a pas de réglages. Soit on les coupe, soit on les ne les coupe pas, il n’y a pas d’entre 2. Nous en avions coupé 2 sur 4 cet hiver, et nous avions encore trop chaud !

      Oui, je trouve que les Américains font quelques fois dans la collaboration ! 🙂

  3. Nico dit :

    Salut Sarah, je viens de découvrir ton blog via expat blog, ce post est excellent!
    Je suis aussi expatrié depuis maintenant 1 an à Montréal avec « ma blonde » et c’est vrai que le choc culturel donne toujours des anecdotes et quiproquo très drôles mais pas toujours facile sur le moment 😉 Mais ces aussi en vivant ces p´tits malaises qu’on prend conscience que la façon de vivre en France n’est pas universelle!

    • Sarah dit :

      Merci Nico pour ton retour. 🙂
      Tu dois bien me comprendre alors, hahaha !!!
      Exactement, on a tellement l’habitude de vivre d’une façon, que quand on voit quelqu’un vivre différemment, on croit qu’il n’est pas normal…
      Mais qu’est-ce que la normalité ? 🙂

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